JURIShebdo Immobilier numéro spécial 70 du 26 mars 2018

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Au sommaire :

– 2 – Décryptage –
Rencontre : Les grandes lignes du projet de loi ELAN présentées par
le cabinet du ministre de la cohésion des territoires
ORT : nouvel outil pour les centres-villes / PPA et GOU : nouveaux outils d’aménagement / Libération du foncier / Normes : changer de logique / Accessibilité : passer de l’adapté à l’adaptable / Simplifier l’acte de bâtir / Développement de l’accession sociale à la propriété / Favoriser la mobilité / Encadrement des loyers : expérimenter 5 ans / Lutte contre l’habitat indigne
– 6 – Le projet de loi ELAN –
Titre 1er : Construire plus, mieux et moins cher (p. 6)
Titre II : Évolution du secteur du logement social (p. 9)
Titre III : Répondre aux besoins de chacun et favoriser la mixité sociale (p. 10)
Titre IV : Améliorer le cadre de vie (p. 13)
– 15 – Analyse –
Cyril Karam (ASPIM) : La Société de Libre Partenariat : une nouvelle voie pour l’investissement immobilier
– 17 – Analyse –
Taylor Wessing : “Le financement prématuré aux risques et périls de l’acquéreur en Allemagne”.

dossierLe projet de loi ELANPlaniConstruire plus, mieux et moins cher>Dynamiser les opérations d'aménagementpour produire plus de foncier constructible>Favoriser la libération du foncier>Favoriser la transformation de bureaux enlogements>Simplifier et améliorer les procéduresd'urbanisme>Simplifier l'acte de construire>Améliorer le traitement du contentieux del'urbanismeiiÉvolution du secteur du logement social>Restructuration du secteur>Adaptation des conditions d'activité desorganismes de logement social>Dispositions diversesiiiRépondre aux besoins de chacun etfavoriser la mixité sociale>Favoriser la mobilité dans le parc social etle parc privé>Favoriser la mixité sociale>Améliorer les relations locataires bailleurset favoriser la production de logementsintermédiairesiVAméliorer le cadre de vie>Revitalisation des centres-villes>Rénovation énergétique>Lutte contre l'habitat indigne et les mar-chands de sommeil>Améliorer le droit des copropriétés>Digitalisation du secteur du logement>Simplifier le déploiement des réseaux decommunication électronique à très hautecapacité>Diffusion par voie hertzienne des donnéeshoraires du temps légal françaisLe projet de loi ELAN arrive auconseil des ministresNous vous proposons dans ce numéro un examen, article pararticle, du projet de loi ELAN dans sa version soumise au Conseild’État. Le texte qui doit être présenté en conseil des ministres ce4avril est donc le cas échéant modifié sur certains points. Voustrouverez aussi une synthèse des explications fournies par le cabinetdans deux réunions de travail courant mars.L’intitulé du texte évoque le logement, l’aménagement et le numé-rique, mais l’essentiel de ses dispositions est consacré au logement. Ledispositif d’ORT vise toutefois spécifiquement la revitalisation descentres-villes et concerne donc également le commerce. Le secteur desbureaux est concerné par quelques dispositions comme la rénovationénergétique et la réquisition des bureaux vacants pour être transfor-més en logement.Le logement social est largement au cœur du dispositif notammentpour favoriser le regroupement des organismes. Le logement privé estconcerné par la réforme de l’encadrement des loyers et, à terme, parla copropriété.De nombreuses mesures sont incitatives et non coercitives, parexemple pour la mise en œuvre du système de cotation pour la ges-tion des demandes de logement sociaux.D’autres sont la systématisation de bonnes pratiques préexistantes. Laloi a alors un effet incitatif, mais sans présenter de caractère nécessai-rement innovant ou contraignant.Sur certains points, le texte renforce les sanctions comme en témoignela généralisation des astreintes applicables en cas de défaut de réali-sation de travaux prescrits pour protéger la santé ou la sécurité deshabitants. À noter que le CNTGI perd ses pouvoirs de sanction, et neconserve que sa mission d’instance consultative.L’encadrement des loyers devient “expérimental”. Formellement, celase traduit par le retranchement des dispositions organisant l’encadre-ment de la loi de 1989, les textes figurant uniquement dans la futureloi ELAN.De nombreux codes sont modifiés, surtout le CCH et le code de l’ur-banisme, mais aussi le code de la santé publique ou le code du touris-me ainsi que le CGPPP. Le projet de loi programme aussi toute unesérie d’ordonnances par exemple en matière d’habitat indigne, deZAC ou de copropriété.Le texte est-il appelé à évoluer fortement au Parlement? Le cabinet aindiqué que le Gouvernement serait ouvert sur certaines questions(comme l’habitat indigne) mais plus restrictif sur d‘autres (pas de remi-se en cause de la loi SRU). Le texte pourra peut-être évoluer lors destravaux en commission mais probablement peu en séance publique, siperdure la pratique parlementaire de la nouvelle législature qui rejet-te la plupart des propositions d’amendement. BDJURIShebdoLa lettre du droit immobilierpour les professionnelswww.jurishebdo.frNUMÉRO Spécial 7026MARS 2018ISSN1622-141918EANNEEL’ESSENTIEL..immobilier- 2 -Décryptage-Rencontre: Les grandes lignes du projet de loi ELAN présentées parle cabinet du ministre de la cohésion des territoiresORT: nouvel outil pour les centres-villes / PPA et GOU: nouveaux outilsd’aménagement / Libération du foncier / Normes: changer de logique/ Accessibilité: passer de l’adapté à l’adaptable / Simplifier l’acte debâtir / Développement de l’accession sociale à la propriété / Favoriserla mobilité / Encadrement des loyers: expérimenter 5 ans / Luttecontre l’habitat indigne- 6 -Le projet de loi ELAN-Titre 1er: Construire plus, mieux et moins cher (p. 6)TitreII: Évolution du secteur du logement social (p. 9)TitreIII: Répondre aux besoins de chacun et favoriser la mixité sociale (p. 10)TitreIV: Améliorer le cadre de vie (p. 13)- 15 -Analyse-Cyril Karam (ASPIM): La Société de Libre Partenariat: une nouvelle voiepour l’investissement immobilier- 17 -Analyse-Taylor Wessing: “Le financement prématuré aux risques et périls de l’ac-quéreur en Allemagne”.SOMMAIREEDITORIALNuméro spécial:Projet de loi ELANLe prochain numéro de Jurishebdosera daté du 9 avril 2018
Les grandes lignes du projet de loi ELAN26mars 20182JURIShebdoimmobilierllPROJETDÉCRYPTAGELe directeur adjoint du cabinet, JérômeMasclaux, indique que le plan du Gouver-nement se développe en trois phases; la loide finances pour 2018, le projet de loiELAN et les mesures réglementaires.Le projet de loi ELAN analysé en mars auConseil d’État, doit être présenté en conseildes ministres le 4avril et transmis au Parle-ment fin mai. Il devrait être examiné selonla procédure d'urgence, ce qui limite lesdébats à une lecture à l'Assemblée, une auSénat, avant la constitution probabled'une commission mixte paritaire. Le textedéfinitif devrait probablement être voté àl'autonome.L'ORT: un nouvel outil pour lescentres-villesLe dispositif d'opération de revitalisationde territoire (ORT) est programmé par l'ar-ticle 54, premier texte du titreIV sur l'amé-lioration du cadre de vie. C'est un nouveloutil mis à la disposition des collectivitéslocales, explique Marc Chapuis, visant larequalification des centres-villes. Sa miseen œuvre repose sur 4 conditions:- Une vision globale sur l'habitat, le com-merce, la valorisation du patrimoine et lesservices publics, afin de définir un projeturbain.- Simplification: l'ORT englobe des disposi-tifs existants en matière de logement,comme les opérations programméesd'amélioration de l'habitat (OPAH), ou decommerce comme les contrats de revitali-sation artisanale et commerciale (CRAC).- Partenariat élargi. L'ORT associe la com-mune centre, l'EPCI, et les communes depériphérie concernées par le centre-ville.- Intervention renforcée sur le centre-ville:l'ORT permet une exonération de la procé-dure d'autorisation d'exploitation commer-ciale pour les porteurs de projets dans lecentre-ville. Cela supprime donc le seuil de1000m2. Par ailleurs, le préfet peut déciderde suspendre l'examen des projets d'im-plantation en périphérie, si cette décisionest de nature à préserver le centre-ville. Ladécision est prise en considération du tauxde vacance commerciale, de l'habitat et duniveau de chômage, supérieurs à lamoyenne. Cette suspension a une duréemaximale de trois ans.Il s'agit donc de "faire une pause" dans ledéveloppement des commerces de péri-phérie pour permettre la réussite de larénovation du centre.L'ORT emporte mise en place du droit depréemption renforcé.Marc Chapuis indique que ce texte donneune base juridique aux sursis à statuer desdécisions en CDAC qui se pratiquent déjàdans certaines villes.Ce dispositif d'ORT s'inscrit dans le pro-gramme Action cœur de ville, et se combi-ne avec la mobilisation des financementsémanant notamment de la Caisse desdépôts et de l'ANAH.Le partenariat s'étend aux établissementspublics de l’État et à toute personne vou-lant apporter son soutien financier au pro-jet, ce qui englobe des acteurs publics etprivés comme, par exemple, des opéra-teurs commerciaux.C'est la collectivité qui assurera la maîtrised'ouvrage du projet, avec l'aide d'un chefde projet qui pendant 5 ans, sera financé à50% par l’ÉtatL'identification des villes éligibles aux ORTest en cours.PPA et GOU: nouveaux outilsd’aménagementJérôme Masclaux présente les principauxdispositifs du titre Ierintitulé "construireplus, mieux et moins cher" et notammentles deux nouveaux outils que sont le PPAet le GOU.Le projet partenarial d'aménagement(PPA) est prévu par l'article 1er. C'est unnouveau contrat qui associe Etat, collectivi-tés et partenaires publics ou privés. Cescontrats existent déjà dans la pratique,mais l'objectif est de les inscrire dans la loi,afin de favoriser leur développement etleur apporter des effets complémentaires,notamment par l'accélération des cessionsde foncier public de l’État de gré à gré.Un PPA peut être combiné avec une gran-de opération d'urbanisme (GOU).La GOU permet de mobiliser le permisd'innover, dont le champ d'application estétendu, elle facilitera la délivrance desautorisations d'urbanisme et la modifica-tion des documents d'urbanisme liés.Par ailleurs, il est prévu de simplifier lesprocédures pour les opérations d'aména-gement et les enquêtes publiques.Jérôme Masclaux indique que l'objectif estque le PPA ait une échelle plus large quecelle d'une ZAC; il s'agit de dépasser lasimple opération d'aménagement.Koumaran Pajaniradja résume les troisconstats initiaux qui ont présidé à l'élabo-ration du texte: fracture territoriale pourle logement, changement des besoins desFrançais (vieillissement, développement dela monoparentalité…) et complexité del'acte de construire (comment faire unlogement abordable et performant). Il présente les objectifs qui en ont étédéduits:- Faciliter l'acte de construire.- Cesser le flux normatif (sauf pour des rai-sons de sécurité ou pour adopter destextes d'application de lois déjà promul-guées), Jérôme Masclaux confirme à cepropos que la parution de plusieurs textesa déjà été bloquée afin d'éviter la prolifé-ration normative.- Lutter contre les recours abusifs, pourdébloquer les 30000 logements qui, selonla FPI, font l'objet de procédures.Libération du foncierLa loi de finances a déjà adopté desmesures en ce sens. C'est notamment lebut de l'inversion du calcul des plus-valuesimmobilières pour décourager la rétentionfoncière et inciter les propriétaires de ter-rains à bâtir à les vendre rapidement et labaisse du taux d'impôt sur les sociétés à19% pour favoriser la construction delogements.Le projet de loi ELAN rappelle l'objectif delibération du foncier public. Le principe dela décote sur le prix du foncier public (miseen place avec Cécile Duflot) est confirmémais le montant de la décote est portée de50% à 70%.Les normes: changer de logiqueLa volonté des pouvoirs publics est dechanger de logique. Le principe actuel estd'imposer des moyens techniques pourparvenir à un objectif. Une norme d'isola-tion phonique par exemple fixe les dimen-sions requises des matériaux pour que l'iso-lation soit performante. Le principe à venirsera celui du résultat. Il laissera aux opéra-teurs le choix des moyens à mettre enœuvre pour l'atteindre.RENCONTRERencontre avec le cabinet du ministre de la cohésion des territoires. Explications fournies par le cabinet duministre de la cohésion des territoires à l'occasion de deux rencontres de presse le 13 mars puis le 20 mars 2018.
La mesure figure dans un autre texte: leprojet de loi pour une société de confian-ce. Ce texte, en cours d'examen parlemen-taire, entend engager un "choc deconfiance" pour permettre de construireavec plus d'innovation et moins cher.L'accessibilité: passer de l'adapté àl'adaptableKoumaran Pajaniradja entend "positiver lediscours". Loin de remettre en cause lesobjectifs d'accessibilité des bâtiments, leprojet est de permettre que le logementaccompagne l'habitant dans son évolution.Le logement doit être conçu pour s'adap-ter. L'objectif ne sera plus de construire100% de logements adaptés mais deslogements adaptables. La réflexion encours vise à définir ce que pourra être celogement évolutif.Les procédures d'urbanismeConstatant que le schéma de cohérenceterritoriale (SCOT) est un document de 700à 800 pages, car il doit intégrer de nom-breux enjeux, Koumaran Pajaniradjaindique que le projet de loi tend à revoir lahiérarchie des normes et simplifier les pro-cédures.A titre d'exemple, l'avis de l'Architecte desbâtiments de France sera un avis simple etnon plus un avis conforme dans deux cas:dans le cadre de la lutte contre l'habitatindigne et pour l'installation de pylônes detéléphonie numérique.Simplification de l'acte de bâtirdes logements sociauxTrios mesures sont prévues:- Prolongation pendant 3 ans de la facultéde recourir à la conception réalisation pourles logements sociaux.- Ajustement des procédures de concoursd'architecte et de recours à la loi MOP. Ils'agit ici de revenir au droit en vigueuravant la loi de 2016 sur l'architecture.- Permette un affranchissement de la loiMOP. Koumaran Pajaniradja précise que leséquencement des étapes de la loi MOPn'est plus adapté. Réagissant aux critiquesémises par la profession des architectes, ilse veut rassurant: "on continuera deconstruire avec les architectes".Lutte contre les recours abusifsCertaines des mesures prévues ne sont pasd'ordre législatif mais réglementaire.- Lutter contre les mesures dilatoires eninvitant le juge (en première instance) àfixer une date limite au-delà de laquelleles moyens nouveaux ne sont plus rece-vables. C'est la cristallisation des moyens.- Encadrer les délais de recours pour qu'ilsne dépassent pas 10 mois. Cette mesuresera prévue par décret et n'est pas assortiede sanction: elle consiste à fixer aux juri-dictions des objectifs de priorité de traite-ment des dossiers. En limitant le tempsd'instruction, la mesure tend à rendre sansportée les arguments de ceux qui enga-gent un recours pour négocier son retraitmoyennant finances.- Prolongement pour la durée du quin-quennat de la suppression du doubledegré de juridiction pour les constructionsde logements en zone tendue (mesurevisant les permis de construire, de démoliret d'aménager).S'agissant de la validité des "chartes pro-moteurs" que certaines communes impo-sent aux opérateurs, le Gouvernementn'entend pas légiférer sur la question maisplutôt faire preuve de "pédagogie" àl'égard des élus pour les convaincre que lestextes en vigueur comportent suffisam-ment d'outils pour orienter les construc-tions.En revanche, s'agissant de l'instruction despermis de construire, le Gouvernement varéaffirmer l'interdiction pour l'administra-tion d'exiger des pièces complémentaires,autres que celles prévues par les textes.Transformation de bureaux enlogementsAlors que l'Ile-de-France comporte 4mil-lions de m2de bureaux vacants, la loi vainciter à la transformation de bureaux enlogements. Plusieurs moyens d'ajustementnormatif sont mobilisés dans ce but:- Alignement des normes sur le logementet de celles du bureau en matière de sécu-rité incendie et de parking.- Introduction d'un bonus de constructibili- en cas de transformation.- Insertion d'une nouvelle catégorie debâtiments pour les immeubles de moyen-ne hauteur de 28 à 50m, afin de faciliterla réversibilité des bâtiments.Digitalisation du secteurLa digitalisation doit être menée dans tou-te la chaîne de production: du foncier àl'habitat connecté.Première étape: la dématérialisation desautorisations d'urbanisme, ce qui va per-mettre de simplifier et d'accélérer les pro-cédures. Cette volonté doit se combineravec l'échéance du 8novembre 2018 à par-tir de laquelle les autorisations doiventpouvoir être déposées par voie dématéria-lisée.En revanche, il n'est pas prévu de mesurespécifique sur le carnet numérique. Eneffet, la pratique commence à se saisir dece procédé et il a paru inutile de légiférer.Construction de logementssociauxAfin de veiller au respect des obligationsdes communes sur les objectifs deconstruction de logements sociaux, JérômeMasclaux indique que l'objectif du Gouver-nement est de faciliter la construction deslogements au cours de chaque périodetriennale, plutôt que de privilégier unelogique de sanctions lorsque les objectifsne sont pas atteints.Suite des explications le 20mars.Le logement socialCette partie du projet de loi est celle qui ale plus évolué, reconnaît Jérôme Masclaux,en raison du travail de concertation opérénotamment avec l'USH et la Fédérationdes EPL. L'objectif est de mettre en placedes outils pour accompagner les bailleurssociaux dans leur restructuration.Regroupements de moyensLes organismes sont invités par exemple àconstituer des GIE pour mettre en communcertaines de leurs fonctions. La loi va per-mettre de lever des obstacles statutaires àces mises en commun (en particulier pourles offices).Il est proposé de constituer des commu-nautés d'organismes ; Jérôme Masclauxexplique qu'il ne s'agit pas d'enjoindre auxorganismes de disparaître, car ils ont cha-cun leur histoire, souvent liée à une collec-tivité de référence, mais de favoriser desregroupements.Ce mouvement pourra prendre la formed'une société anonyme de coordination(SAC). Les bailleurs ayant moins de 15000logements auront l'obligation de seregrouper. La SAC sera dotée de préroga-tives permettant la mise en commun defonctions, plus ou moins étendues, selonles besoins. L'objectif est donc de consoli-der les organismes de logement sociaux,en leur permettant de conserver un lienavec les territoires. Il y aura au moins uneSAC par département, ce qui permettra demaintenir un lien de proximité y comprispour un département il y aurait moinsde 15000 logements.Ce seuil de 15000 logements a été retenuaprès concertation, mais Jérôme Masclaux26mars 20183JURIShebdoimmobilierllPROJETDÉCRYPTAGERENCONTRE
reconnaît que l'augmentation des volumesn'est pas toujours un facteur d'économies.Les économies sont différentes suivantqu'il s'agit de gestion ou de financement.Le niveau du coût de gestion dépend ausside l'implantation des patrimoines; desimmeubles situés en quartiers difficilesétant plus coûteux à gérer. Par ailleurs, lacapacité de négociation d'un grand grou-pe peut être plus forte pour obtenir desfinancements.Enfin, il est tenu compte du cas particulierdes organismes dont l'objet est essentielle-ment l'accession sociale à la propriété [avecun seuil qui a été discuté, qui pourrait êtrede 600 logements sur une période passée];ils seront écartés de l'obligation de regrou-pement.La loi entend par ailleurs simplifier cer-taines procédures. Il sera ainsi possible àcertains organismes d'assurer des servicesqui leur sont actuellement interdits; ges-tion de résidences de personnes âgées ouingénierie urbaine par exemple.Développement de l'accessionsociale à la propriétéLe ministère fait observer que le nombrede logements sociaux vendus aux occu-pants, inférieur à 4000 logements par an ily a quelques années, est actuellement de8000 logements. Or l'objectif est de parve-nir à un volume de 1% du parc soit 40000logements.Un des objectifs est de créer une diversifi-cation des statuts des occupants et decontribuer à fluidifier les parcours. Le loge-ment social doit être vécu comme un"coup de pouce" temporaire mais sa voca-tion n'est pas d'être attribué à titre défini-tif. Cette perspective d'accession peut atti-rer certains locataires.Par ailleurs, la cession d'un logement, pourun montant moyen de 80000 permet lefinancement, avec l'effet de levier de l'em-prunt, de 2 à 3 logements sociaux nou-veaux.La procédure de vente doit être simplifiée.Par exemple, la collectivité doit actuelle-ment être consultée sur l'opportunité etsur le prix de vente d'un logement. Or iln'est pas forcément nécessaire qu'elle lesoit sur le prix. Enfin, pour accélérer la pro-cédure, il est prévu de demander l'avis dela collectivité en amont, lors de la conclu-sion de la convention d'utilité sociale, etnon plus à l'occasion de chaque cession.Enfin, l'avis des domaines ne sera plusrequis.Mais Jérôme Masclaux ajoute que les col-lectivités qui ne souhaitent pas vendre delogements ne seront pas contraintes de lefaire.Un autre outil vise à répondre à l'objectionde certains bailleurs qui font observer queleur métier est de gérer mais non devendre des logements: une structuredédiée achètera les immeubles auxbailleurs sociaux, et organisera la mise encopropriété et la vente des logements. Lesbailleurs sociaux auront le choix de vendredirectement en recourant à leurs équipesinternes ou de faire appel à cette nouvellestructure.Jérôme Masclaux résume l'objectif du pro-jet sur ce point: inviter les bailleurs, loca-taires et collectivités à discuter mais sansles contraindre. Il reconnaît que le volumedes ventes restera limité à quelques milliersde logements et que l'objectif reste de fai-re progresser le volume global du parcsocial public.Les collectivités cherchent à éviter que lavente à l'occupant lui permette de capterun avantage financier indu par une reven-te rapide et insèrent dans les contrats devente des clauses anti-spéculatives.Favoriser la mobilitéRachel Chane-See-Chu, conseillère loge-ment du cabinet, présente les outils visantà favoriser la mobilité et d'abord le bailmobilité. Le but de ce nouveau contrat estde répondre à des besoins de logementlimités dans le temps pour des motifs pro-fessionnels ou d'études. Sa durée, définiepar avance, sera comprise entre un et 10mois. Le bail ne peut pas être renouvelé, ilsera garanti par le dispositif Visale tantpour les impayés de loyer que pour lesdégradations locatives. Le locataire n'estsoumis ni à condition de ressource ni àcondition d'âge. Le loyer sera soumis àencadrement si le bien est situé dans unegéographique il s'applique. Rachel Cha-ne-See-Chu indique que ce bail devrait per-mettre de remettre sur le marché des biensnon loués ou que leurs propriétaires n'oc-cupent qu'une partie de l'année.En fin de bail, faute de congé du bailleur,le bail se transforme en bail relevant de loide 1989. Le locataire doit quitter les lieux sile bailleur le lui demande, mais le cabinetva étudier la question posée par l'UNISrelative au risque que le bail soit transfor- en bail de droit commun si le bailleurne réagit pas suffisamment à temps poursignifier le congé au preneur. Jérôme Masclaux ajoute qu'en raison de sadurée (au moins un mois), il n'y a pas derisque que ce bail soit détourné à des finsde location touristique. Le but est deremettre sur le marché des logements quisont loués de façon "grise" avec des bauxd'un an mais pour lequel il est convenuque le locataire parte à la fin d'une duréeplus brève.Mobilité dans le parc socialRachel Chane-See-Chu présente les outilsvisant à favoriser la mobilité dans le parcsocial.1. Un réexamen périodique de la situationdu locataire sera organisé tous les six ans.En effet, un tiers des demandes de loge-ments sociaux émane de personnes quisont déjà locataires de ce parc. Mais ellesressentent un besoin de mobilité, notam-ment lorsque le logement est d'une tailleinadaptée. Le réexamen périodique per-mettra d'accompagner les personnes dansleur besoin de logements, mais sans obli-gation. Il s'agit d'inviter les bailleurs à avoirune politique plus active d'adaptation duparc à ses habitants.En revanche, le droit au maintien dans leslieux n'est pas remis en cause.2. Un autre outil est la modification dumode de gestion des réservations. Aujour-d'hui mise en œuvre à partir du stock, lagestion des réservations sera désormais fai-te en flux. Il sera donc tenu compte dunombre de réservations et non de loge-ments identifiés.3. Afin de favoriser la transparence desattributions, le régime de la cotation serapréconisé. Il s'agit d'appliquer des critèrespréétablis mais visant à objectiver lademande de logement. Cet outil d'aide àla décision n'implique pas pour autantd'automaticité dans la délivrance de loge-ments.Jérôme Masclaux ajoute que le nouveautexte hiérarchise des critères déjà existantsdans le code. Mais, face à une situationcomme celle de Paris 40% des offresde logement sont suivies de refus, il peutêtre efficace de mieux gérer les critèresd'analyse de la demande.4. Pour favoriser la mixité intergénération-nelle, il est proposé de permettre la sous-location à une personne de moins de tren-te ans sans que le locataire et le sous-loca-taire ne perdent leur droit respectif à uneallocation logement.L'encadrement des loyers: expéri-menter 5 ansJérôme Masclaux rappelle que l'encadre-ment des loyers, issu de la loi Alur a étémis en place à Paris pendant 18 mois et26mars 20184JURIShebdoimmobilierllPROJETDÉCRYPTAGERENCONTRE
brièvement à Lille avant d'être interrompupar décision en référé du tribunal adminis-tratif.Le projet de loi change de logique en dis-sociant l'observation des loyers et l'enca-drement. Il est prévu d'expérimenter le dis-positif pendant 5 ans dans les zones ten-dues, sur la base du volontariat des collec-tivités territoriales. Cela donnera lieu à unappel à candidature pour expérimenterl'encadrement. Ultérieurement, un biland'application permettra de déterminer s'ily a lieu de généraliser ou non le système.En fin d'année 2018, les exécutifs locauxpourront demander l'expérimentation.Par ailleurs, les procédures judiciaires sepoursuivent à Lille et à Paris, pour obtenirun jugement au fond, mais il est probableque la loi nouvelle entrera en vigueuravant l'issue de la procédure.La loi fixe la liste des collectivités pouvantdemander une expérimentation: les EPCIcompétents en matière d'habitat, Paris, lesétablissements publics territoriaux duGrand Paris, Lyon et Aix-Marseille-Proven-ce.Les collectivités pourront proposer unencadrement sur une fraction de leur terri-toire. Le dispositif sera précisé par décret.Encadrement des meublés touris-tiquesLa réglementation est déjà suffisante,explique Jérôme Masclaux, mais elle estinsuffisamment appliquée. Toutefois, larédaction des textes instituant des sanc-tions mises en place par la loi Lemaire d'oc-tobre 2016, doit être sécurisée.Le Gouvernement ne souhaite pas a prioriadopter d'autres mesures dans ce domainemais s'attend à de nombreux amende-ments des parlementaires.Lutte contre l'habitat indigneRachel Chane-See-Chu évoque les mesuresvisant à lutter contre l'habitat indigne.1. Les revenus tirés de l'activité de mar-chand de biens feront l'objet d'une pré-somption de revenu pour en faciliter la fis-calisation.2. Les astreintes de la loi Alur seront sys-tématisées et leur champ d'applicationélargi.3. Une ordonnance devra simplifier les 13polices de l'habitat en vigueur et lesmettre sous l'autorité d'un acteur unique.Il pourra s'agir de la commune, de l'EPCIou du département, selon les traditionslocales. Cela permettra par exemple de dis-poser d'un tronc commun de procédurepour éviter d'avoir à recommencer en tota-lité une procédure qui a échoué sur unfondement, pour en relancer une autre.Les suggestions issues de la proposition deloi débattues au Sénat début mars (lireJurishebdo de la semaine dernière) pour-ront être insérées dans le projet de loi lorsdu débat parlementaire.Le texte vise aussi à mieux articuler les pro-cédures d'expulsions locatives avec cellesdu traitement du surendettement.Traitement des copropriétésLes procédures de traitement des copro-priétés dégradées seront améliorées (parexemple les ORCOD d'intérêt national).Ainsi, à titre de procédure exorbitante dudroit commun, il sera possible, en expro-priant, de prendre possession du bien dèsla déclaration d'utilité publique afin defaciliter le relogement. Cette mesure estinspirée du retour d'expérience du traite-ment des copropriétés dégradées de ClichyMontfermeil.Une ordonnance doit réformer le droit dela copropriété pour adapter la gouvernan-ce des syndicats en fonction de la taille etde la destination des immeubles et faciliterles prises de décision, notamment enmatière de rénovation énergétique.Un questionnaire a été mis en place par laChancellerie. La synthèse des réponses estattendue dans les prochaines semaines.Enfin, le projet de loi facilite les réquisi-tions de locaux vacants, y compris lesbureaux, pour les affecter à l'hébergementd'urgence.Quant au carnet numérique du logement,il ne doit pas faire l'objet de mesure dansle texte de loi.Pour la loi SRU, il n'est pas prévu dereprendre ce débat. Le cabinet souligneque les amendements visant à dénaturer ledispositif n'auront pas le soutien du Gou-vernement mais que certains visant àrépondre à des situations particulières26mars 20185JURIShebdoimmobilierllPROJETDÉCRYPTAGERENCONTRENOM:PRÉNOM:FONCTION:SOCIÉTÉ:ADRESSE:TÉL:FAX:MÉL:N° TVAINTRACOM.:SIGNATURE:OFFREEXCEPTIONNELLERéservée auxnouveaux abonnés20%de réductionsur l’abonnementJURIShebdoimmobilierBULLETINDABONNEMENT«PRIVILÈGE»OUI, je souhaite bénéficier de l’offre de souscription àJURIShebdo qui m’est réservée soit un an d’abonnement (41numéros de la lettre + 5 numéros spéciaux consacrés au droitimmobilier) au prix de 599 TTC (soit 586,68 HT + 2,1% deTVA) au lieu de 779 TTC, soit 20% de réduction.Ci-joint mon chèque de 599 TTC à l’ordre de JURIShebdoJe recevrai une facture acquittée dès paiement de ma souscriptionÀ RETOURNER A JURISHEBDO 168, AVENUE MARGUERITE RENAUDIN, 92140 CLAMARTjns70UNE PUBLICATION DE LA SOCIETE DE PRESSE DU BREIL, SARL DE PRESSE AU CAPITAL DE 10000EUROS, RCS 443 034 624 00017 NANTERRE
Selon l'exposé des motifs, la politique dulogement doit conduire à davantaged'équilibre territorial et de justice socialeen faveur des plus fragiles. Le logementdoit être plus connecté, écologique, modu-lable et adapté à la diversité des parcoursdes Français.Le texte entend donc libérer et protéger:faciliter la construction et la rénovation duparc bâti et fluidifier les parcours résidentiels.Les axes du texte sont les suivants:1. Construire plus, mieux et moins cher,notamment en favorisant la libération dufoncier et en passant d'une logique deprocédure à une dynamique de coopéra-tion au service des projets par de nou-veaux mécanismes (PPA et GOU).2. Répondre aux besoins de chacun etfavoriser la mixité sociale. À cet effet, letexte cherche à encourager la mobilitédans le parc social et privé.3. Améliorer le cadre de vie. Cela se traduitpar exemple par l'objectif de faire dispa-raître les passoires thermiques dans le loge-ment social d'ici 2022 ou par la généralisa-tion de la dématérialisation des actes et lalutte contre les marchands de sommeil.26mars 20186PROJETDELOIELANJURIShebdoimmobilierllPROJETLe projet de loi ELAN avant le conseil des ministresLe projet de loi portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, dit ELAN doit être présenté enconseil des ministres le 4avril. Nous vous proposons une analyse du projet de texte dans une version encore non défi-nitive lors de son passage au Conseil d’État. Nous avons suivi le plan du projet de loi qui s'articule en quatre titres et66 articles.Titre 1er: Construire plus, mieux et moins cherChapitre 1er: Dynamiser les opéra-tions d'aménagement pour pro-duire plus de foncier constructibleArticle 1er: Le Projet partenariald'aménagement (PPA)Le PPA est un nouvel outil partenarial auniveau local en faveur "d'opérationsd'aménagement complexe ou d'une certai-ne ampleur". Il définit un projet de terri-toire comprenant des objectifs de produc-tion de logements.Le PPA s'adresse aux EPCI à fiscalité propre,à la commune de Paris (ou la ville de Parisà compter de 2019), un établissementpublic territorial (EPT) ou à la métropolede Lyon (art. L 102-12 nouveau du code del'urbanisme).Article 2: Les grandes opérationsd'urbanisme (GOU)Les grandes opérations d'urbanisme (GOU)sont un nouvel outil d'aménagement.Les enjeux sont de nature "supra-locale"en raison de leur dimension ou de leursparticularités. Les projets pourront bénéfi-cier de l'expérimentation du permis d'in-nover, aujourd'hui limitée aux opérationsd'intérêt national.La création et la réalisation des opérationsd'aménagement sont qualifiées d'intérêtmétropolitain ou communautaire et lacompétence pour délivrer les autorisationsd'urbanisme est confiée à l'échelon inter-communal.L'acte de création de la GOU peut délimi-ter une ZAD sur tout ou partie du péri-mètre concerné, et désigner le titulaire dudroit de préemption y afférent.Afin d'accélérer leur mise en œuvre, le tex-te prévoit une mise en conformité desdocuments d'urbanisme par une procédu-re intégrée sur le modèle de la procédureintégrée pour le logement (PIL). (art. 102-13 à 16 nouveaux du code de l'urbanisme).L'article 2 modifie par ailleurs les disposi-tions relatives aux opérations d'intérêtnational. Ainsi les établissements publicsd'aménagement (EPA ou EPFA) pourrontintervenir dans la création d'opérationd'aménagement relevant de la mise enœuvre d'un contrat de PPA, y compris horsde leur périmètre, si les partenaires souhai-tent s'appuyer sur eux.Article3: Évaluation environne-mentaleCet article comporte des mesures sur lesprocédures d'évaluation environnementaleet de participation du public des opéra-tions d'aménagement faisant l'objet d'uneZAC, afin d'en réduire les délais.Quand une opération fait l'objet d'uneZAC ou est qualifiée de GOU, les enquêtespubliques portant sur les projets, plans etprogrammes pourront être conduites parun même commissaire enquêteur ou uneseule commission d'enquête (art. L 123-4modifié du code de l'environnement).Article4: Procédures des opéra-tions d'aménagementLe texte vise à assouplir les procédures.La contribution des constructeurs qui n'ac-quièrent pas de terrains auprès de l'amé-nageur pourra être modulée, au regard deconsidération d'intérêt général ou descaractéristiques de l'opération.L'article habilite le Gouvernement à légifé-rer par ordonnance pour moderniser lerégime des ZAC et accélérer la construc-tion.Les dispositifs de financement des équipe-ments publics seront améliorés.L'article 4 III autorise l'aménageur à exer-cer la maîtrise d'ouvrage des équipementsdu bâtiment pour le compte de la collecti-vité dans le cadre de sa concession sansêtre soumis à la loi MOP (pour des écolesou des gymnases notamment).Chapitre II: Favoriser la libérationdu foncierArticle5: Mobilisation du foncierDans le prolongement de la loi du 18jan-vier 2013, le projet entend accélérer lamobilisation du foncier public pour réaliserdes opérations d'aménagement.Il autorise l’État, pour réaliser une GOU, àvendre son foncier à un EPCI, la ville deParis ou la métropole de Lyon ou à l'opéra-teur désigné par le PPA.L'article simplifie le régime de la décoteapplicable en cas de vente de foncierpublic, notamment pour permettre desprojets urbains mixtes (associant loge-ments, commerces et activités) et autorisela cession de foncier public pour l'accessionsociale à la propriété dans le cadre d'unbail réel solidaire avec une décote de50%, comme pour les autres logementsen accession.En cas de décote de terrains du domaineprivé de l’État, l'obligation de livrer leslogements dans le délai de 5 ans est assou-plie. Désormais, pour toutes les opérations,et pas seulement pour celles de moins de 5hectares, l'article permet de programmer
qu'au moins une première tranche doitêtre livrée dans le délai de 5 ans (art. L3211-7 V modifié du CGPPP).Article6: Foncière publique soli-daire (FPS)Il est notamment programmé un rapportdans les trois ans sur la contribution de laFPS au développement de l'offre de loge-ments afin de proposer des adaptations àsa mission.Article7: Outils d'interventionfoncièreIl est notamment prévu d'étendre aux éta-blissements publics territoriaux (EPT) duGrand Paris la possibilité de créer des ZAD.Chapitre III: Favoriser la transfor-mation de bureaux en logementsArticle 8: Transformation debureaux en logementsConstatant que les opérations de bureauxsont plus rentables que les opérations delogements, le texte vise à inciter à la trans-formation de bureaux en logements, en luiaccordant un bonus de constructibilité eten autorisant la dérogation aux règles duPLU.La dérogation aux règles de densité estaccordée dans la limite d'une majorationde 10% du volume constructible (art.L152-6 modifié du code de l'urbanisme).Le texte crée aussi une catégorie d'im-meubles de moyenne hauteur, assortie derègles de sécurité incendie adaptées pourfaciliter la transformation.Par ailleurs, le texte élargit la procédure deréquisition avec attributaire à l'utilisationde bureaux vacants, pour proposer dessolutions d'hébergement. La durée de laréquisition est limitée à deux ans (art. L642-1 modifié du CCH). Si l'importance destravaux de mise aux normes le justifie, laréquisition peut être supérieure à deuxans, dans la limite de 4 ans.Chapitre IV: Simplifier et amélio-rer les procédures d'urbanismeArticle 9: Adaptation des docu-ments d'urbanismeCet article vient modifier l'article L 174-6du code de l'urbanisme relatif à l'annula-tion d'un document d'urbanisme qui apour effet de remettre en vigueur le docu-ment antérieur. Il prévoit une règle decaducité du document d'urbanisme remisen vigueur au-delà d'un an et une impossi-bilité de faire évoluer le POS remis envigueur.Article 10: Ordonnances sur lesdocuments d'urbanismeLe Gouvernement est habilité à prendrepar ordonnances des mesures visant à sim-plifier les règles de mise en compatibilitédes documents d'urbanisme et notamment- en réduisant la liste des documents oppo-sables aux SCOT, aux PLU et cartes commu-nales,- en prévoyant les conditions de cetteopposabilité.L'objectif est d'instaurer un lien d'opposa-bilité unique, la compatibilité, en suppri-mant la notion de "prise en compte".Article 11: Urbanisme outre-mer Cet article habilite également le Gouverne-ment à légiférer par ordonnance, pour cla-rifier le régime des schémas d'aménage-ment régional (SAR) des régions d'outre-mer. La modification est prévue à droitconstant.Articles 12 et 13: Rôle des archi-tectes des Bâtiments de France(ABF)Les opérations de traitement de l'habitatindigne dans les secteurs protégés relève-ront d'un avis consultatif de l'ABF (art. L632-2-1 nouveau du code du patrimoine)et non plus d'un avis conforme.Il en est de même pour l'installation d'an-tennes-relais de téléphonie mobile et deleurs systèmes d'accroche.En cas de désaccord entre l'ABF et l'admi-nistration, le silence de l'administrationvaut accord (art. L 632-2 modifié eu codedu patrimoine). Cela inverse la règleactuelle où, pour cette hypothèse, le silen-ce de l'administration vaut rejet.Article 14: Dossiers de demanded'autorisation d'urbanismeUn nouvel alinéa de l'article L 423-1 ducode de l'urbanisme précise que le dossierjoint aux demandes d'autorisation (oudéclaration) ne peut comprendre que lespièces nécessaires à la vérification du droitde l'Union européenne, des règles men-tionnées à l'article L 421-1, des dispositionsde salubrité ou de sécurité publique oud'une autre législation.Le texte vise à assurer les pétitionnairesque seules les pièces exigées par la loi ou laréglementation leur seront demandées.Article 15: Dématérialisation desdemandes d'autorisation d'urba-nismeCet article accélère la digitalisation encréant une télé-procédure pour l'instruc-tion des demandes d'autorisation d'urba-nisme à compter de 2022, pour les com-munes dépassant un certain nombre d'ha-bitants (seuil à fixer par décret).Article 16: Usage de SITADELL'usage des données du système d'infor-mation et de traitement automatisé desdonnées élémentaires sur les logements etles locaux (SITADEL) doit être étendu: defichier statistique, il sert désormais aussi aucadastre, et à la DHUP (direction de l'habi-tat, de l'urbanisme et des paysages) à desfins de contrôle. La loi souhaite élargir lechamp des données transmises et leur fina-lité pour que SIDATEL devienne une basede données administratives aux usagesplus larges.Chapitre V: Simplifier l'acte deconstruireArticle 17: Accessibilité des loge-mentsPasser de la notion de logement adapté àcelle de logement évolutif est l'objectif decet article. Un logement évolutif est celuiqui est accessible en grande partie et peutêtre rendu totalement accessible, par destravaux simples.Ainsi, les logements seront en évolutionpermanente tout au long de la vie. Toute-fois, un quota de 10% de logementsaccessibles est maintenu. L'article L 111-7modifié du CCH écarte donc les logementscollectifs de l'obligation d'accessibilité poury insérer la notion de logement évolutif.Article 18: Logements préfabri-quésFavoriser le recours aux bâtiments préfa-briqués est l'un des moyens qui doit êtremis en œuvre pour accélérer la construc-tion. L'article L 111-1-2 du CCH définit lapréfabrication (lire encadré).26mars 20187PROJETDELOIELANJURIShebdoimmobilierllPROJETDéfinition de la préfabricationLa préfabrication consiste à concevoir et réaliserun ouvrage à partir d'éléments préfabriqués surun site de production distinct du chantier surlequel ils seront assemblés, installés et mis enœuvre.Ces éléments font indissociablement corps avecles ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossatu-re, de clos et de couvert de la construction, etpeuvent intégrer l'isolation et les réserves pourles réseaux divers.
Le texte adapte les règles d'allotissementde la commande publique et les échéan-ciers de paiement.Article 19: Maisons individuellespréfabriquéesUne ordonnance doit définir la maisonindividuelle préfabriquée et le régime juri-dique d'une maison individuelle préfabri-quée avec fourniture de plan.L'exposé des motifs précise qu'il ne s'agitpas de concurrencer massivement lesmodes constructifs traditionnels ni dedégrader la qualité de la construction.Article 20: Conception réalisa-tion pour le logement socialLe projet de loi prolonge de trois ans(de2018 à2021) la durée de l'expérimen-tation des méthodes de construction delogements sociaux par la procédure deconception-réalisation, pour les organismesde logement social.Article 21: Individualisation desfrais de chauffageLa modification proposée de l'article L 241-9 du code de l'énergie est plus fidèle à ladirective, car le texte actuel est plus restric-tif que la directive. Conséquences:- Le projet écarte les bâtiments tertiairesde son champ d'application. Il ne s'appli-quera plus à un "immeuble collectif pour-vu d'un chauffage commun" mais simple-ment à un "immeuble collectif d'habita-tion ou mixte pourvu d'une installationcentrale de chauffage".- L'article complète les critères autorisantdes dérogations par décret. Le texte actuelprévoit le cas de l'impossibilité techniqueet celui du coût excessif résultant de lanécessité de modifier l'ensemble de l'ins-tallation de chauffage. Le nouveau texte yajoute "au regard des économies atten-dues". Cela vise donc l'hypothèse l'ins-tallation de compteur n'est pas rentable. Ils'agit des bâtiments les plus performantssur le plan énergétique et donc pour les-quels les gains de l’individualisation sontles plus faibles. Le dispositif recentre l'obli-gation sur les bâtiments les plus énergi-vores.Article 22: Vente en l'état futurd'achèvementLa loi cherche à sécuriser l'acquéreur dansla mise en œuvre de la garantie financièred'achèvement. À cet effet, le texte complè-te l'article L261-10-1 du CCH.Il caractérise la notion de défaillance finan-cière du vendeur par "une absence de dis-position des fonds nécessaires à l'achève-ment de l'immeuble".Le garant pourra faire désigner un admi-nistrateur ad hoc par ordonnance surrequête. L'administrateur a pour missionde faire réaliser les travaux nécessaires àl'achèvement de l'immeuble. Le garantfinancier est seul fondé à exiger desacquéreurs le paiement du solde du prixde vente.Par ailleurs, le texte étend les modalités demise en œuvre des garanties de VEFA auxgaranties financières d'achèvement dans lecadre d'une vente d'immeuble à rénover.Il complète aussi les textes sur la vented'immeuble à construire pour les travauxréservés. L'article L261-11, qui fixe lecontenu du contrat (acte authentique) estcomplété par la mention des travaux dontl'acquéreur se réserve l'exécution lorsquele contrat préliminaire comporte, d'uncommun accord, une clause en ce sens etque l'acquéreur n'a pas demandé au ven-deur d'exécuter les travaux.Cette mention renvoie à l'article L 261-15,également modifié et qui régit le contratpréliminaire.Le contrat préliminaire peut prévoir qu'encas de conclusion de la vente, l'acquéreurse réserve l'exécution de certains travaux"de finition ou d'installations d'équipe-ments qu'il se procure par lui-même". Uneclause en caractères très apparents doitindiquer que l'acquéreur accepte la chargeet le coût de ces travaux qu'il réalise aprèsla livraison de l'immeuble.Par ailleurs, le contrat doit préciser:- le prix de vente convenu et le prix de cestravaux réservés et le total.- le délai dans lequel l'acquéreur peutrevenir sur sa décision de se réserver lestravaux. Dans ce cas, le vendeur est tenud'exécuter ou de faire exécuter ces tra-vaux, aux prix mentionnés dans le contratpréliminaire.Article23: Contrôle de confor-mitéPour se conformer à la Convention euro-péenne de sauvegarde des droits de l'hom-me, cet article modifie les dispositions surle droit de visite figurant à l'article L 461-1du code de l'urbanisme. Le but est degarantir la protection du domicile tout enpermettant aux agents publics chargés desvérifications d'urbanisme et de construc-tion d'intervenir de façon sécurisée.Cet objectif entraîne la modification denombreux textes.Le principe fixé par l'article L 461-2 est quele droit de visite s'exerce entre 8 h et 20 het, en dehors de ces heures, lorsque ceslieux sont ouverts au public.Les domiciles et locaux comportant desparties à usage d'habitation ne peuventêtre visités qu'en présence de l'occupant etavec son assentiment.Si l'accès au domicile est refusé, les visitespeuvent être autorisées par ordonnancedu juge des libertés et de la détention duTGI.La visite est effectuée sous le contrôle dujuge et en présence de l'occupant. En sonabsence, les agents chargés de la visite nepeuvent y procéder qu'en présence dedeux témoins.Faire obstacle aux fonctions des autoritéshabilitées à exercer ce contrôle administra-tif est puni d'une peine de 6 mois de pri-son et de 7500 d'amende (art. L 480-12modifié du code de l'urbanisme).Le droit de visite des constructions s'exercejusqu'à 6 ans après l'achèvement de tra-vaux (art. L 151-1 modifié du CCH).Les articles L 151-2 et suivants fixent lesmodalités de visite (entre 8 h et 20 h) et endehors de ces heures, lorsque les lieux sontouverts au public. En cas de refus, ils pré-voient une autorisation judiciaire.Chapitre VI: Améliorer le traitementdu contentieux de l'urbanismeArticle 24: Contentieux de l'ur-banismeCet article modifie plusieurs articles ducode de l'urbanisme pour améliorer le trai-tement des recours et pour lutter contreles recours abusifs, dans la suite des propo-sitions du rapport de Christine Mauguë. Ilest précisé que des mesures complémen-taires seront prises par voie réglementaireafin de limiter la durée de recours à 10mois pour un jugement ou la suppressionde l'appel dans certains recours.Les mesures législatives sont les suivantes:- Limitation des effets des annulations oudes déclarations d'illégalité des documentsd'urbanisme sur les permis de construire sil'annulation est prononcée pour un motifétranger aux règles d'urbanisme (art. L442-14 modifié du code de l'urbanisme).- Clarification des règles de l'intérêt à agir(art. L 600-1-2-1).- Possibilité pour le préfet, en cas de per-mis de construire annulé sur déféré préfec-toral, d'exercer l'action en démolition sanslimitation aux zones protégées (art. L 600-6 complété).- Encadrement dans le temps du référé sus-pension et obligation pour le requérant26mars 20188PROJETDELOIELANJURIShebdoimmobilierllPROJET
dont le référé-suspension est rejeté deconfirmer le maintien de sa requête aufond (art. L 600-4-2 nouveau).- Obligation pour le juge de motiver lerefus de prononcer une annulation partiel-le (art. L 600-5).- Limitation de la contestation du permismodificatif et du permis de régularisation,dans le cadre d'une instance contre le per-mis initial, lorsque le permis modificatif oude régularisation ont été délivrés au coursde l'instance (art. L 600-5-2 nouveau).- Amélioration de l'action en responsabilitécontre les recours abusifs pour faciliter lescondamnations pécuniaires: l'article L 600-7 modifié supprime la référence au carac-tère excessif du dommage subi par lebénéficiaire du permis, pour engager uneprocédure en demande de dommages-intérêts. Par ailleurs, le même article ne seréfère plus à des conditions qui "excèdentla défense des intérêts légitimes" durequérant mais à un "comportement abu-sif"; il est ajouté qu'une association de pro-tection de l'environnement est présuméene pas adopter de comportement abusif.- Encadrement des transactions financièrespour obtenir un désistement en les interdi-sant au profit d'associations et en éten-dant l'obligation d'enregistrement auxtransactions conclues en amont de l'intro-duction d'un recours (art. L 600-8).26mars 20189PROJETDELOIELANJURIShebdoimmobilierllPROJETTitreII: Évolution du secteur du logement socialChapitre 1er: Restructuration dusecteurLes objectifs de la réforme du logementsocial engagée par ce chapitre sont de ren-forcer leur capacité de production, d'amé-liorer l'efficacité de gestion des bailleurs enfacilitant leur restructuration. Le projetcherche à assurer un équilibre entre laproximité et la mutualisation.Il vise aussi à simplifier le cadre juridique, àvaloriser le patrimoine des bailleurs et àréformer la politique des loyers. Sur cepoint, il s'agit d'adapter les loyers auxcapacités financières des ménages au lieude se référer au mode de financement ini-tial de l'immeuble.Article 25: Restructuration dusecteur du logement socialL'exposé des motifs indique que les orien-tations de la réforme, après concertation,ont été inscrites dans le protocole concluavec le Gouvernement et la Fédération desESH et les SACICAP le 13 décembre 2017puis lors de la conférence de consensus auSénat.Il est prévu notamment les points suivants.- L'obligation de fusion de l'ensemble desOPH rattachés à un même EPCI, hors lesmétropoles du Grand-Paris, de Lyon etd'Aix-Marseille-Provence.- La détermination d'une taille minimalede groupe de bailleurs sociaux fixée à15000 logements (art. L 423-2 du CCH).- La consécration de groupes de bailleurssociaux sous trois formes:le groupe (au sens du code du commerce),le groupe sui generis Action Logement,le groupe société anonyme de coordina-tion chargé de l'élaboration du plan straté-gique de patrimoine, de la mutualisationdes ressources et des achats, de la défini-tion des politiques patrimoniales et d'unesolidarité financière en cas de difficultéd'un des membres.Article 26: Fusions entre lesorganismes de logements sociauxet les SEMCet article organise les conditions d'ab-sorption des OPH par les bailleurs sociauxconstitués sous forme de société; il généra-lise la possibilité de scinder un organisme.Article 27: Circulation des capi-taux entre organismes de loge-ment socialL'exposé des motifs observe que certainsorganismes manquent de ressources alorsque d'autres peuvent en disposer. Accom-pagner une meilleure circulation des res-sources permettra d'optimiser l'allocationdes moyens.L'article simplifie donc les règles de prêtset d'avance; le nombre d'organismes pou-vant prêter ou emprunter est élargi.Chapitre II: Adaptation des condi-tions d'activité des organismes delogement socialArticle 28: Simplification derègles du secteur du logementsocialLe projet dote les organismes de nouvellescompétences; faculté de créer des filialespour répondre à un besoin précis (servicede gestion ou d'ingénierie par exemple). Ilspourront acquérir la totalité des partsd'une SCI (art. L 421-2 modifié du CCH).D'un point de vue comptable, les OPHdevront passer en comptabilité privée àcompter du 1erjanvier 2021 (art. L 421-17).L'article simplifie les règles de vente et ilprogramme une ordonnance pour la miseen œuvre de la nouvelle politique desloyers aux baux en cours.Il autorise la négociation d'émolument denotaires supérieurs à 60 000 pour lesregroupements d'organismes.Il déroge à certaines obligations de maîtrised'ouvrage public et à l'obligation derecours au concours d'architecture pour lesorganismes de logement social.Article 29: Vente de logementssociauxLa convention d'utilité sociale comporteraun plan de vente avec la liste des loge-ments que le bailleur souhaite aliéner,après avis de la commune concernée. Lasignature de la convention par le préfetvaudra accord pour la durée de la conven-tion.La vente se fera au prix fixé par le bailleuret non au prix des domaines.La loi fixe la liste des bénéficiaires poten-tiels des ventes (voir tableau).La vente en bloc est autorisée à des per-sonnes morales, une personne physique nepouvant acquérir qu'un seul logement.Un nouveau type d'organisme HLM estcréé: la société de vente d'HLM (art. L422-4nouveau du CCH). Son objet unique estl'achat de logements à des bailleurs vou-lant vendre rapidement, et la revente. Lagestion demeure assurée par le bailleur ini-tial. Le droit de préemption des communessur les logements sociaux des bailleurs estsupprimé.S'agissant des modalités de vente, l'articleLogementsoccupésLogementsvacants- L'occupant- Pour les loge-ments ayantbénéficié d'unPLS de plus de15 ans: toutepersonne quidevra mainte-nir le locatairedans ses droits- Personnes physiques respec-tant les plafonds de ressourcesapplicables à l'accession socialeà la propriété et parmi eux- les locataires du parc socialdu département- les gardiens d'immeubles- Les collectivités locales- Toute autre personne phy-sique- Pour les PLS de plus de 15ans: toute personne morale dedroit privéOrdre de priorité des ventes delogements(art. L 443-11 modifié du CCH)
L 443-14-1 nouveau donne une liste d'in-formations à transmettre à l'acquéreur,avant la vente; montant des charges loca-tives et de copropriété, travaux réalisés etsouhaitables.Le même article dispense les organismesHLM propriétaires de logements en copro-priété du versement des avances pour tra-vaux (prévue par l'art. 14-2 II de la loi du10 juillet 1965).Chapitre III: Dispositions diversesArticle 30: ANCOLSCet article vise à améliorer les conditionsde contrôle des organismes par l'Agencenationale de contrôle du logement social(ANCOLS). Par exemple, elle devient desti-nataire de toutes les informations trans-mises annuellement au ministère du loge-ment par les bailleurs sociaux pour l'éta-blissement du répertoire des logementslocatifs sociaux (art. L 342-5 du CCH).Article 31: Ratification d'ordon-nancesPlusieurs ordonnances doivent être rati-fiées par cet article:- l'ordonnance 2016-1408 du 20 octobre2016 sur la réorganisation de la collecte dela PEEC,- l'ordonnance 2017-52 du 19 janvier2017 modifiant l'objet de l'APAGL et del'association foncière logement (AFL).Article 32: Conventions d'utilitésocialeL'échéance d'entrée en vigueur desconventions d'utilité sociale (CUS) estreportée d'un an jusqu'au 31 décembre2018. Le projet de CUS doit être transmispar les organismes d'HLM au préfet avantle 1erjanvier 2019 et suivi d'une signatureavant le 1erjuillet 2019.Article 33: Codification destextes sur les APLLe délai d'habilitation pour recodifier lestextes sur les APL (prévue par la loi du 27janvier 2017) est prolongé de six mois.26mars 201810PROJETDELOIELANJURIShebdoimmobilierllPROJETTitreIII: Répondre aux besoins de chacun et favoriser la mixité socialeChapitre 1er: Favoriser la mobilitédans le parc social et le parc privéArticle 34: Bail mobilitéLa loi cherche à répondre aux besoins despersonnes en mobilité et qui souhaitentdisposer d'un logement pour une courtedurée. Le bail mobilité est une location delogement meublé d'une durée réduite etsouple et qui offre des garanties pour lesbailleurs et les locataires. Il est régi par l'ar-ticle 48 nouveau de la loi du 6 juillet 1989qui ajoute un nouveau titre III dans cetteloi intitulé "des rapports entre bailleurs etlocataires dans les logements meublésloués avec un bail mobilité". (encadré).La durée du bail doit être comprise entreun et dix mois.L'article 48-1 fixe le contenu du contrat etnotamment le motif justifiant le bail mobi-lité. L'absence de mention du motif (ou dela durée) est sanctionnée par un retour aurégime de droit commun du bail meublé(titre 1er bis). Mais cette requalification nepeut être demandée que par le locataire.L'exigence d'une caution ou d'une clausede solidarité entre colocataires est proscri-te. Aucun dépôt de garantie ne peut êtredemandé (art. 48-5). Mais l'exposé desmotifs précise que le bail est éligible audispositif de garantie Visale.L'article 48-2 précise le régime applicableen fin de bail: les parties ne peuvent plusconclure un nouveau bail mobilité portantsur le même logement meublé. Si le loca-taire est laissé en possession, il s'opère unnouveau bail régi par le titre 1er bis (bailmeublé, a priori d'un an). Le locataire peutrésilier le bail à tout moment avec préavisd'un mois.Les charges sont nécessairement forfai-taires (art. 48-6).Article 35: Mobilité dans le parcsocial. Commission d'attribution:compétence élargie à l'occupationCe but de mobilité doit être atteintd'abord, explique l'exposé des motifs, parune meilleure transparence dans l'attribu-tion des logements sociaux. La situationdes locataires du parc sera ré-examinéepériodiquement, pour permettre unemeilleure utilisation du parc social.La commission d'attribution voit ses com-pétences élargies; elle devient commissiond'attribution et d'examen de l'occupationdes logements (art. L 441-2 modifié duCCH).Article 36: Plan partenarial degestion de la demande de loge-ment social et d'information desdemandeurs Selon le projet de loi, la cotation de lademande (organisation de la file d'attentedes demandeurs en attribuant des pointsen fonction de la situation) est trop peuutilisée. Les modalités de la cotation serontdéfinies par les acteurs du plan partenarialde gestion de la demande et d'informa-tion des demandeurs. Ce plan est régi parl'article L 441-2-8 du CCH. L'article estmodifié pour préciser que le plan prévoitun système de cotation de la demande,dans le respect des priorités et des critèresfixés par la loi (art. L 441-1).Article 37: Convention intercom-munale d'attributionL'article L 441-1-6 est complété pour préci-ser que la commission de coordination pré-vue par la convention intercommunaled'attribution assure le suivi et l'évaluationde la convention.Article 38: Gestion des attribu-tions de logements: en fluxannuelCet article vise à fluidifier la gestion desattributions de logements grâce à une ges-tion en flux annuels des contingents desdifférents réservataires portant sur unnombre d'attributions et non sur unedétermination physique des logements.Cela évitera le cloisonnement qui résultedu régime actuel de réservation "quidécoupe le parc social en logements dési-gnés par réservataire". (modification del'article L441-1 du CCH).Chapitre II: Favoriser la mixitésocialeArticle 39: Mixité intergénéra-tionnellePour faciliter la location aux jeunes, cetDéfinition du bail mobilité (art.48 nouveau de la loi de 1989)"Le bail mobilité est défini comme la loca-tion d'un logement meublé au sens del'article 25-4 [de la loi de 1989] à un loca-taire justifiant, à la date de la prise d'effetdu bail, être en formation professionnelle,en études supérieures, en contrat d'ap-prentissage, en stage, ou en mission tem-poraire dans le cadre de son activité pro-fessionnelle".reproduction interdite sans autorisation
article autorise les locataires à sous-louerune partie de leur logement à une person-ne de moins de 30 ans, tout en percevantune aide personnelle au logement. Lesous-locataire pourra aussi percevoir l'allo-cation. La règle a vocation à s'appliquerpour les divers types d'allocation.L'article L 831-2 du code de la sécuritésociale est donc complété pour prévoir unedérogation au principe selon lequel lasous-location à un tiers fait perdre le droità l'allocation logement. Un renvoi à desdécrets est prévu pour les articles L 542-4-1(allocation de logement familiale) et L 831-5 (allocation de logement sociale) et L 351-13 du CCH (APL).Article 40: Prévention des expul-sions locativesLe texte entend mieux coordonner les pro-cédures de surendettement et d'expulsionpour permettre de maintenir dans leurlogement les locataires de bonne foi quiont repris le paiement du loyer et qui s'ac-quittent du remboursement de leur dette.De nombreux textes sont modifiés à ceteffet.L'article 40 modifie les textes du code de laconsommation.- Article L712-3. En cas de déchéance deprocédure de surendettement, le textecomplété précise que cette déchéanceemporte rétablissement des modalités depaiement de la dette locative accordéespar la décision judiciaire (art. 24- V de la loide 1989) accordant des délais de paiement.- Article L722-3: saisine du juge pour leconstat de résiliation du bail. Si le locatairea repris le paiement au jour de l'audience,le juge accorde d'office des délais jusqu'àl'approbation du plan conventionnel deredressement.- Article L 722-5: interdiction de payer desdettes en procédure de surendettement.Le texte est complété pour autoriser lepaiement des dettes locatives quand lelocataire a obtenu des délais de paiementen vertu de la procédure de l'article 24 Vde la loi de 1989.- Article L722-16: protocole de cohésionsociale. Si ce protocole est conclu avant ladécision de recevabilité de la procédure desurendettement, le paiement des arriérésde loyer prévu par le protocole est suspen-du. Le projet de loi complète cette règlepour préciser que les mesures de rétablisse-ment personnel se substituent aux modali-tés de règlement de la dette de loyer pré-vues par le protocole de cohésion sociale.- Article L 733-9: mesures imposées par laprocédure de surendettement. Le texteprévoit des mesures qui s'imposent auxparties. Le complément de texte prévu parle projet de loi indique que si ces mesuresprévoient des délais et des modalités depaiement de la dette locative, ils se substi-tuent à ceux antérieurement accordés parle juge dans la procédure de résiliation dubail.- Article L 733-10. Une partie peut contes-ter les mesures imposées par la commis-sion. Cet article est complété. Si le juge estsaisi d'une demande de constat de résilia-tion du bail (art. 24 III), mais qu'il statueaprès la contestation de l'article L733-10,et que le débiteur a repris le paiement, ilaccorde d'office des délais jusqu'à la déci-sion du juge du surendettement.Si le juge (art. 24 V) avait déjà accordé desdélais de paiement, les modalités de traite-ment de la dette locative (art. L 733-9) sontsuspendues jusqu'au jugement du suren-dettement.- Article L 733-13. Si le juge du surendette-ment prévoit des délais de paiement d'unedette locative, ils sont ordonnés par le juged'instance statuant après sur la demandede l'article 24 III de la loi de 1989.- Article L 741-2: Le rétablissement person-nel sans liquidation judiciaire efface toutedette non professionnelle. Cette règle estcomplétée pour le cas le juge statuepostérieurement sur une demande deconstat de résiliation du bail. Si le débiteura repris le paiement, le juge suspend d'of-fice les effets de la résiliation de plein droitpendant 2 ans.- Article L 741-4: Contestation de la déci-sion de rétablissement personnel sansliquidation judiciaire. L'article est complétépour préciser que si le juge est saisi d'unedemande de constat de résiliation du bailaprès cette contestation et que débiteur arepris le paiement des loyers, le juge accor-de d'office des délais jusqu'à la décision dujuge du surendettement.Si le juge a déjà accordé des délais (art. 24V), les modalités de traitement de la dettelocative de l'article L 741-2 sont suspendusjusqu'au jugement du surendettement sta-tuant sur la contestation.- Dans la loi du 6 juillet 1989, l'article 24 estcomplété pour que le juge invite les par-ties à lui produire tous éléments relatifs àl'existence d'une procédure de surendette-ment.Il modifie le même article 24 V al. 3 quiprévoit que, si le locataire ne respecte parl'échéancier de paiement fixé par le juge,la clause de résiliation reprend son effet.La règle est assortie d'une réserve: sousréserve des dispositions relatives au traite-ment du surendettement des particuliers.La réforme prévue par l'article 40 entre envigueur le 1erjanvier 2019 (date de dépôtdes dossiers à la commission de surendette-ment).Article 41: Modification de l'ar-ticle 24 de la loi de 1989Contrairement au précédent, cet article estbref, il modifie l'article 24 de la loi du 6juillet 1989 relatif à la clause de résiliationde plein droit. Le texte complète le conte-nu du commandement de payer que doitadresser le bailleur: outre la reproductionde certains textes de loi, la faculté de saisi-ne du fonds de solidarité logement et sonadresse, le commandement devra de sur-croît mentionner le montant mensuel duloyer et des charges, ainsi que le décomptede la dette.Article 42: Protocole après rési-liation du bailCet article complète l'article L 353-15-2 duCCH qui prévoit la conclusion d'un proto-cole entre le bailleur HLM et l'ancien loca-taire après résiliation du bail pour impayé.En l'absence de dette locative, l'occupants'engage à payer l'indemnité d'occupationet les charges. La durée du protocole estde 2 ans, mais elle peut être prolongée de3 ans par avenant.Le texte prévoyant qu'en l'absence de bail,le versement de l'APL est interrompu, estsupprimé.Article 43: Logement d'abordLa politique engagée en faveur des per-sonnes sans domicile ou éprouvant des dif-ficultés à se loger est celle du logementd'abord. De nouveaux outils sont crééspour transformer l'offre existante.A titre d'exemple, les établissements d'ac-cueil des personnes en situation d'urgenceconcluent un contrat pluriannuel d'objec-tifs et de moyens (art. L 313-11-2 modifiédu code de l'action sociale et des familles).Article 44: Travaux dans les éta-blissements recevant du publicLorsque des travaux sont réalisés dans unERP, si les travaux ont pour objet de lui fai-re perdre cette qualité pour tout l'im-meuble, l'autorisation requise par l'article L111-8 du CCH jusqu'à présent est suppri-mée. Le but est de faciliter la transforma-tion par exemple d'un hôtel en logements(complément de l'article L 111-8 du CCH).26mars 201811PROJETDELOIELANJURIShebdoimmobilierllPROJET
Article 45: Habitat inclusifCet article vise à développer "l'habitatinclusif". Il autorise la colocation dans leparc social entre personnes handicapéesadultes.Le plafond de ressources applicable estcelui du logement et s'apprécie dans lecadre de chaque contrat de location.Chaque colocataire signe un bail, lenombre de colocataires est limité à cinq. Lebailleur peut pratiquer un forfait decharges (art. L 442-8-5 nouveau du CCH).Article 46: Modification de la loiSRUSeul article modifiant la loi SRU (art. L 302-5 du CCH), ce texte ajoute au décomptedes logements sociaux les logementssociaux vendus et ce, pendant 10 ans àcompter de leur vente.Chapitre III: Améliorer les relationslocataires bailleurs et favoriser laproduction de logements intermé-diairesArticle 47: Simplification de l'ac-te de cautionnementCe texte vise à répondre à la critique de lalourdeur du formalisme imposé pour laconclusion du cautionnement d'un bail. Ilsupprime l'exigence de caractère manuscritde l'engagement tout en précisant lecontenu de l'engagement.Il modifie l'article 22-1 de la loi de 1989pour fixer le contenu de l'acte de caution-nement.- montant du loyer- conditions de révision du loyer- "mention exprimant de façon explicite etnon équivoque la connaissance [que lacaution] a de la nature de l'étendu del'obligation qu'elle contracte"- reproduction de l'alinéa précédent del'article 22-1.Article 48: Encadrement desloyersCet article réécrit entièrement les disposi-tions relatives à l'encadrement des loyersdans les zones tendues.Pour améliorer la connaissance des mar-chés, il sera obligatoire de créer des obser-vatoires des loyers agréés par l’État dansles zones tendues, celles soumises à la taxesur les logements vacants. Mais le lienautomatique entre observatoire et enca-drement est rompu.Les agences d'urbanisme pourront êtreagréées comme observatoire des loyers.Une série d'articles de la loi de 1989 sontmodifiés.- Article3: Contenu du bailLe 7equi imposait la mention du loyer deréférence majoré et minoré est supprimé.- Article 16: Observatoire des loyersLe projet de loi autorise l'agrément d'unobservatoire pour une fraction de zonegéographique. Quant aux organismes sus-ceptibles d'être agréés, le texte actuelimpose la représentation équilibrée desbailleurs, locataires et gestionnaires dansles organes dirigeants. Le projet de loi estplus souple car il permet cet équilibre figu-re soit dans les statuts, soit qu'il existe dansune instance de consultation.- Article 17: Fixation des loyersCet article est simplifié car le régime del'encadrement en est extrait. Le I prévoitsimplement la création d'observatoires desloyers dans les zones tendues de plus de50000 habitants. Les dispositions sur lesloyers de références sont supprimées.Le II prévoit simplement que la fixation desloyers des logements mis en location estlibre.Les dispositions sur le complément de loyersont supprimées.- Article 17-2: Loyer de renouvellementL'article fixe la procédure de fixation duloyer de renouvellement suivant les règlesapplicables avant la loi Alur et qui avaientété conservés pour les zones non tendues.- Article 25-9: Loyer des meublésL'article modifié renvoie, pour la révisiondu loyer des logements meublés, à l'article17-1.Encadrement des loyersLe dispositif prévu explicitement commeétant expérimental pour 5 ans, est sorti dela loi de 1989 et ne figure que dans le tex-te de la future loi. On retrouve les règlesprécédemment inscrites dans la loi de 1989par la loi Alur. Le préfet fixe chaque annéeun loyer de référence (ainsi qu'un loyermajoré et minoré). Le dispositif pourra êtremis en place par décret à l'initiative del'EPCI compétent en matière d'habitat, res-pectant des critères de zones tendues. Peuvent également demander l'encadre-ment: Paris, les établissements publics terri-toriaux (EPT) de la métropole du GrandParis, la métropole de Lyon et celle d'Aix-Marseille-Provence.Le texte fixe ensuite:- Les modalités de fixation des loyers deréférence.- La procédure de fixation du loyer: libredans la limite du plafond majoré etouvrant une action en diminution de loyeren cas de violation de cette règle.- Le complément de loyer et la faculté dulocataire de le contester.- Les règles applicables aux meublés.- L'obligation de mentionner dans le bail leloyer de référence et le loyer majoré et lesactions y attachées.- L'action en diminution de loyer lors durenouvellement du bail, si le loyer excèdele loyer majoré et l'action en réévaluationsi le loyer est inférieur au loyer de référen-ce minoré.Article 49: Sanction pour non-respect de l'encadrementCet article crée une amende administrativedont sont passibles les bailleurs ne respec-tant pas l'encadrement.Elle sera prononcée par le préfet. Son régi-me, qui doit s'inscrire à l'article 17 II de laloi de 1989, est conçu en deux temps. Lejuge qui prononce la baisse de loyers etcondamne le bailleur à rembourser untrop perçu notifie le jugement au préfet.Celui-ci prononce l'amende dont le mon-tant est plafonné à 25% du trop-perçupour une personne physique et 75% pourune personne morale.Article 50: Règles de décence- L'article L632-1 II du CCH prévoyait desrègles spécifiques de décence pour les ERPaux fins d'hébergement. Ce régime parti-culier est supprimé.- Pour la colocation, l'article 8-1 de la loi de1989 est complété pour préciser des règlesspécifiques de décence, par dérogation àl'article L 111-6-1 du CCH qui interdit lesdivisions en propriété ou en jouissance siles surfaces habitables sont inférieures à 14m2et 33 m3. Le texte prévu pour les coloca-tions fixe des normes minimales de locauxprivatifs de 9 m2et 20 m3. Les caractéris-tiques du local privatif loué sont appré-ciées en prenant en compte l'ensemble deséléments et pièces du logement. Le renvoià un décret est supprimé.26mars 201812PROJETDELOIELANJURIShebdoimmobilierllPROJETCautionnement: formalismeassoupli"La personne physique que se porte cautionsigne l'acte de cautionnement faisant apparaîtrele montant du loyer et les conditions de sa révi-sion tels qu'ils figurent au contrat de location ain-si que la mention exprimant de façon explicite etnon équivoque la connaissance qu'elle a de lanature et de l'étendue de l'obligation qu'ellecontracte et de la reproduction de l'alinéa précé-dent. Le bailleur remet à la caution un exemplai-re du contrat de location. Ces formalités sontprescrites à peine de nullité du cautionnement."(art. 22-1 dernier aliéna modifié de la loi de1989).
Article 51: Contrôle des meublésde tourismeL'exposé des motifs indique que le textevient renforcer les sanctions à l'encontredes loueurs ou plateformes qui ne respec-tent pas leurs obligations (art. L 324-1-1modifié du code du tourisme).Il en résulte notamment les règles sui-vantes: